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Lettres aux derniers humains.

par Théo 5 Juin 2013, 19:05 poésie bushcraft

Bonjour.

Sur cette page vous trouverez des réflexions, des pensée qui surgissent lors de sorties dans la nature. Aucune véléité de devenir quoi que ce soit de plus qu'un homo sapiens sapiens qui tente de penser le monde dans lequel il vit.

Une sorte de compilation d'écritures spontanées sorties de ma caboche.

Lors d'une sortie hivernale en canoé et en découvrant les ravages de la tempête de juillet 2013 sur une île je me suis posé cette simple question : Pourquoi la nature s'inflige-t-elle cette violence ?

Voici une réponse possible :

L'avertissement :


Tous ces arbres brisés, tordus, vrillés m'apparaissent soudain comme un avertissement,
"Regarde, regarde bien ce que je peux faire d'un coup de vent à ces géants, à ces piliers de la terre,
Toi qui es si petit, crois-tu que tu pourras, le jour venu, résister à ma colère que tu auras toi-même provoquer ?"
Nous n'écoutons plus, ni les roches, ni les plantes, ni le vent, ni la pluie, ni les étoiles, ni les nôtres et encore moins nous-mêmes.
Nous profitons, nous accumulons, nous consommons, nous salissons, nous méprisons.
Nous sommes des pillards inconscients que le trésor convoité nous coutera plus chère que la richesse accumulée.
Notre Mère, la Nature, en matriarche aimante, nous a laissé jouer jusqu'à maintenant... la fin de la récréation va bientôt sonner,
il faudra alors apprendre à vivre en orphelins, terrorisés, abandonnés dans une o
bscurité sans repères,
et tous nous diront, unis dans l'ingratitude, le désespoir et l'oubli : "Que la nature est cruelle !"

Mais il sera trop tard et notre colère ne trouvera que nos congénères comme objet de rancœur.

En canoé, souvent, dans le silence et le calme que je trouble, je trouve ma présence incongrue...

Naviguer sur un miroir :
"Réfléchir" voilà bien un mot à double sens, on réfléchit et on se réfléchit, on peut même se réfléchir réfléchissant,
vertigineuse conquête de l'esprit humain il y a de cela cent cinquante mille ans.
Aujourd'hui, à bord de mon canoé, sur cette rivière qui me renvoie mon image,
le miroir liquide se fend un instant, dans un silence engourdi par le froid glacial,
troublé seulement par les gouttes d'eau qui tombent des branches et par ma pagaie qui déchire ce voile de cristal.
Puis la rivière referme son reflet lisse et sans faille derrière l'étrave de mon esquif,
avalant
mon image et le souvenir de mon passage...

éphémère désordre dans ce calme pur.


Le feu:

Quel autre élément met en éveil ainsi tous nos sens
Ce qui fait de moi un homme pourvu de mes 5 sens
l'odeur des différents bois,
la lumière qui fait reculer les peurs primales,
la chaleur qui garde mon corps d'animal exotique en fonction,
le crépitement des bûches qui se fendent sous les flammes,
la fumée qui parfume ma nourriture et cuit le fruit de ma cha
sse,
Quel autre élément est aussi complet

Non vraiment je n'y vois que du feu !

Sous la toile :

Être à l'abri ! Oui, mais de quoi, si ce n'est de soi-même, de ses peurs primitives remontant aux cavernes, de ses peurs d'enfant et de ses caves peuplés de sombres chimères.
Cette mince couche de toile n'est qu'une barrière intérieure, une protection pour mon esprit toujours craintif.
Régression intra-utérine au cœur de la foret, les bruits extérieurs étouffés, la lumière du soleil atténuée, au chaud dans une couverture comme dans le ventre maternelle,
prêt pour une nouvelle renaissance au matin, prêt pour une nouvelle venue au monde, en pleine nature.
Et dans la nuit, à la lueur de la bougie qui projette mon alter ego en négatif sur les parois mouvantes,
j'assiste à la représentation d'un théâtre d'ombre dans leq
uel je suis l'unique acteur et le seul spectateur.

Lettres aux derniers humains.Lettres aux derniers humains.

L'habit de lumière :
Chaque plante, chaque branche me fait don d'un peu de ses cristaux de glace, m'habille de lumière dans un éclat sonore.
Je suis un géant maladroit dans un univers de cristal miniature, je détruit à chacun de mes pas des cités de verre microscopique.
Le soleil finira par faire disparaître toutes ces lucioles glacées qui ne seront plus que des larmes de plantes sous mes
semelles et sur mes jambes.

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